Sur quelle base choisir un modèle de personnalité ? Cet article est la première partie d’une réponse en trois étapes à cette question.

Que vous soyez formateur·rice, coach ou responsable d’un service formation, trois critères essentiels doivent guider votre choix d’un modèle de personnalité :

  • La validation psychométrique ;
  • La prise en compte de la désirabilité sociale ;
  • La capacité à repérer (et éviter) l’effet Barnum.

Ces trois critères ont un avantage déterminant : ils sont objectifs, mesurables et aisément vérifiables. Commençons par étudier la validation psychométrique.

La validation psychométrique, c’est quoi ?

La validation psychométrique répond à une question simple, mais fondamentale : est-ce que ce modèle mesure réellement un trait de personnalité… ou seulement une impression ?

Autrement dit : quand on attribue un score à une personne, est-ce que ce score repose sur quelque chose de stable et observable, ou sur une interprétation floue ?

Une analogie simple

Imaginez un thermomètre.

Avant de l’utiliser, on doit vérifier qu’il indique bien la même température dans les mêmes conditions. S’il affiche 20°C un jour, 35°C le lendemain, sans raison… ce n’est pas un outil fiable.

La validation psychométrique, c’est exactement cela : on vérifie que l’outil donne des résultats cohérents et reproductibles.

Concrètement, comment ça fonctionne ?

Dans le cadre de la validation psychométrique, les psychologues commencent par définir un trait précis, par exemple le perfectionnisme. Ils rédigent ensuite plusieurs questions différentes qui sont censées mesurer ce même trait.

En voici des exemples (simplifiés) :

  • « J’ai du mal à accepter une erreur » ;
  • « Je reprends souvent un travail déjà terminé » ;
  • « Je me fixe des standards très élevés ».

Ces questions sont ensuite posées à un groupe de personnes (en général au moins une centaine).

Si le trait existe réellement :

  • une personne peu perfectionniste répondra globalement “peu” à toutes ces questions ;
  • une personne très perfectionniste répondra “beaucoup” à l’ensemble ;
  • et surtout : les réponses vont dans le même sens.

Quand ces cohérences apparaissent de façon répétée dans l’ensemble du groupe, on peut dire que :

  • le trait est stable ;
  • il est mesurable ;
  • le modèle repose sur une base scientifique.

Et quand ça ne fonctionne pas ?

Parfois, les réponses ne montrent aucune cohérence :

  • une personne répond “beaucoup” à une question ;
  • “pas du tout” à une autre ;
  • sans logique globale.

Dans ce cas, on ne mesure pas un trait de personnalité, mais quelque chose de contextuel : l’humeur du moment, la situation, la relation à l’autre…

C’est ce qui se produit avec certaines notions comme par exemple la motivation de « Faire plaisir » : le comportement varie énormément selon le contexte, la personne en face ou l’enjeu. Ce n’est donc pas une caractéristique intrinsèque de la personnalité.

Ce qu’implique la validation psychométrique

Un modèle de personnalité sans validation psychométrique peut être séduisant, intuitif ou facile à comprendre. Mais il ne garantit pas que les profils produits reposent sur des dimensions réelles et stables.

En France, environ un modèle de personnalité sur deux ne publie aucune validation psychométrique.
Or, c’est un critère vérifiable : il suffit de consulter les travaux publiés par le modèle concerné. Vous pouvez par exemple consulter la page des recherches psychométriques ComColors.

S’il n’existe aucune étude accessible, cela signifie que le modèle repose sur des hypothèses… mais pas sur des preuves.

Découvrez le deuxième critère pour choisir un modèle de personnalité : la prise en compte de la désirabilité sociale dans un prochain article. Retrouvez aussi les vidéos de notre chaîne Youtube pour explorer les différents types de personnalité.

Dernière mise à jour le 9 janvier 2026

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